Comme de nombreux doctorants, je vais dans un futur proche, devenir chargée de travaux dirigés. Pour s’y préparer, il existe des formations en présentiel sur le catalogue de l’université (ex, comment gérer un groupe d’étudiants…) et des formations en ligne. 

C’est ainsi que j’ai découvert sur Fun Mooc « Se former pour enseigner dans le supérieur ». Ce cours est particulièrement intéressant en ce qu’il donne des conseils sur la pédagogie « active ». Il s’agit d’une méthode d’enseignement originale, mettant en avant la participation des étudiants. 

Finalement, c’est exactement ce que l’on retrouve dans les travaux dirigés, mais qui peut également être reproduit dans la mesure du possible dans les amphithéâtres. 

La formation explique que la pédagogie active utilise une approche :

  • « Pédocentrée » : Le terme signifie qu’elle est tournée vers l’étudiant : l’étudiant est actif, il participe activement à sa formation. Contrairement à un cours « magistrocentré » qui serait exclusivement dispensé par l’enseignant sans la participation des étudiants ;
  • Elle peut en outre être « individualisée », c’est-à-dire que l’étudiant s’émancipe de l’enseignant et des autres, en travaillant à son rythme ; ou « sociocentrée » lorsque c’est le groupe d’étudiants qui est sollicité.  

La formation développe plusieurs méthodes de pédagogie active :

  • La technique de rétroaction, ex : sonder les connaissances antérieures en début de cours ; demander aux étudiants de lister les points qu’ils ont compris ou qu’ils souhaitent approfondir ; interroger les étudiants en fin de séances sur ce qui vient d’être étudié…
  • L’apprentissage par projet, ex : en petits groupes, les étudiants se lancent dans la réalisation d’un projet en lien avec une thématique du cours – cela renforce leur autonomie, responsabilité et les prépare au monde du travail…
  • La simulation et les jeux, ex : organisation d’un procès fictif, d’une consultation juridique, d’un débat, la classe inversée… stimule la créativité, la mise en pratique des connaissances et le sérieux des étudiants puisqu’ils devront se livrer à l’exercice devant un public. 

Ces techniques ont l’avantage de rendre le cours dynamique, de motiver les étudiants, de suivre de près leur maîtrise ou non, des connaissances et leur capacité à les mettre en pratique. 

La formation dévoile ensuite les facteurs de motivation :

  • Les facteurs relatifs à l’étudiant : curiosité naturelle, caractère, projet…
  • Les facteurs relatifs à l’institution : taux de remplissage de la salle de classe, présence d’une aide pour les étudiants en difficulté…
  • Les facteurs liés à la société : valeurs, lois, image de la formation suivie…
  • Les facteurs relatifs à la classe : l’enseignant, les activités proposées, l’évaluation, climat…

C’est ainsi surtout sur les « facteurs relatifs à la classe » qu’il est possible d’agir en tant qu’enseignant. 

Le cours distingue trois principales sources de motivation : perception de la valeur de l’activité (Est-ce utile et intéressant pour l’étudiant ?) ; perception de la compétence de l’étudiant (Est-ce que l’étudiant est capable de réussir ?) ; perception de contrôlabilité de l’activité (Est-ce que l’étudiant peut donner son avis sur l’activité, faire des suggestions ?).

Si l’étudiant répond « oui » à l’ensemble de ces questions, celui-ci sera suffisamment motivé pour s’investir dans le cours. Dès lors, l’enseignant devra tout mettre en œuvre pour l’encourager à rester engagé cognitivement et à persévérer en cas de difficultés.  

À défaut, il n’utilisera le cours que pour tenter de réussir l’examen, sans y prendre le moindre plaisir et sans l’inscrire dans sa mémoire à long terme, ce qui est dommage. 

La formation nous apprend également à construire ces activités : Vérifier l’adéquation des activités avec les thématiques du cours, leur faisabilité (temps disponible, matériel disponible, nombre d’étudiants dans le groupe de classe, priorités…) ; Noter ses objectifs et la façon dont ils pourront être atteints ; Faire un suivi de leur utilité pour les adapter au gré des séances… 

Une partie est également consacrée à l’évaluation des apprentissages des étudiants :

  • Choisir ses stratégies d’évaluation : Quel objet (Connaissances ? Compétences ? Mise en pratique ?) ? Quel objectif (Améliorer l’apprentissage ? Voir s’il est attentif et à défaut, le motiver pour les futures évaluations ?) Quelle fréquence (À la fin de chaque cours ? Chapitre ? Semestre ?) ? Quelles modalités (Questions ? Exercice pratique ? QCM ? Oral ? Écrit ?) ? Quelle grille d’évaluation ? 

Enfin, l’approche par compétences (APC) est présentée : C’est une technique intéressante visant à ce que l’étudiant développe des compétences particulières (rédaction, expression orale, méthodologie, réalisation d’un cas pratique…). 

La formation s’achève en précisant que la pédagogie active est un complément de la pédagogie classique. En effet, celle-ci n’est efficace que lorsque l’étudiant dispose déjà d’un socle suffisant de connaissances.

Ainsi, ce n’est que lorsque la théorie est assimilée ou en voie de l’être, que ces techniques prennent de l’importance. Elles permettent : de mettre en pratique les connaissances, de les enrichir, de les évaluer, de les approfondir ou encore, de les illustrer.

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